indoeuropéen

 

Donc l’indoeuropéen, divisé en celte, germanique, slave, latin, grec etc. a, nous dit-on et nous imprime-t-on dans les années 50-60, déferlé du nord, avec ses déclinaisons, sa phonologie, sa mythologie (voir Dumézil et son ingénieuse « triade indoeuropéenne », qui n’en peut mais !). Les Grecs, qui ont parlé très anciennement une langue proto-méditerranéenne, d’où des mots tels que thalassa, la mer, (w)anax, roi, ou des mots terminés en –inthos, ont adopté, disent les ouvrages, une langue d’envahisseurs à cheval, grands et blonds comme le blond Achille, sans doute à l’origine des Doriens. Quant aux Latins et aux Italiques, même chanson. La structure de ces pays, enracinés au nord, facilitent de telles hypothèses. On arrive même à trouver des parentés qui corroborent cela. Si le grec aspis, bouclier, correspond phonétiquement à l’allemand Espe, tremble, c’est que le nom de cet arbre du nord, servant à confectionner des boucliers, a perduré dans l’armement en question, alors que l’arbre n’existe pas sous le climat de la Grèce. C’est ingénieux, mais y a-t-il jamais eu des boucliers en bois de tremble ? Point n’est besoin d’âge et de science : petit élève, je vois plutôt une armature légère tenant un umbo central de bronze autour duquel sont tendues des pièces de cuir, comme les professeurs nous le décrivent. Mais lorsqu’on suit une idée, on n’en est pas à un arbre près…

 

 

Indoeuropéen

sait-on ce que le français doit au grec ?

19 mars 2015. – On dit que l’effacement de la dette grecque devrait coûter tant et tant à chacun des Français, entre autres. Mais sait-on ce que le français doit au grec ?

 

 

Lorsque la Grèce a occupé le devant de la scène européenne, d’abord par la dette qui lui était attribuée, puis par la victoire du parti Syriza, des boucliers généreux se sont levés pour souligner ce que l’Europe et le monde devaient à la Grèce, en particulier dans son antiquité aussi bien historique que philosophique et scientifique.

 

Je voudrais pour ma part attirer l’attention des amateurs de linguistique (une immense majorité des humains, j’en suis sûr) sur ce que notre langue, le français, doit à la langue grecque. En règle générale, on pense aux fameuses racines dans lesquelles, par commodité ou par tradition, on puise pour créer des termes scientifiques, que ce soit la botanique, la médecine, la chimie, la philosophie ou tout autre domaine. Nous pensons pêle-mêle à des mots comme psychanalyse, téléologique, uchronie, rhétorique, polysaccharides, acétylsalicylique, ontologie, électroacoustique, paradichlorobenzène, hyménoptères, ailurophobie, déictique, anthropogenèse, parégorique, acouphène, synallagmatique, pléistocène, zeugme, hypostase etc., certains nécessaires ou utiles, d’autres qui évitent de plus amples explications pour les spécialistes.

 

Mais dans le texte suivant, que j’ai composé pour l’amusement et l’instruction des lecteurs, se trouvent 80 occurrences de mots d’origine grecque (attestée ou vraisemblable, parfois hypothétique). Cherchez, et vous constaterez que la langue grecque, parlée dans le même pays depuis trois mille cinq cents ans, est aussi une composante populaire et souvent peu connue du français et des langues voisines. Raison de plus pour respecter et honorer le peuple qui parle cette langue étonnante.

 

Si vous ne trouvez pas, demandez à l’auteur, et une liste – lot de consolation – vous sera adressée. Il vous suffira ensuite de consulter des documents étymologiques sérieux pour faire le lien. Et vous pourrez alors vous appuyer cette tâche

 

 

 

Triste histoire ! Les paroissiens, assis sur leurs chaises, écoutaient l’évêque parler en chaire, tandis qu’au centre, le cercueil de planches vernies attendait d’être transporté au cimetière. Un prêtre priait. Un mendiant, appuyé contre le mur à l’entrée de l’église, tendait une boîte pour recueillir l’aumône tout en mâchant sa chique et en tapant à petits coups avec sa canne.

 

Un écureuil acrobate grimpait vers la cime d’un platane. Un géant tenant son épée, épaules, torses, bras et jambes de bronze, se dressait sur sa base de pierre.

 

Dans le cloître, tel un fantôme, sous les toiles d’araignées, un moine se trouvait au coin de l’âtre, le crâne tonsuré. C’était son tour d’accomplir sa tâche à la lueur d’une lampe à huile, de couper des carottes avec une petite machine bien pratique avant de les faire revenir au beurre et de tourner sa cuiller dans un bouillon aromatisé au gingembre. Il ne chômait pas ! Nos estomacs en criaient famine. Sur une maie, des coings, des nèfles et des cerises étaient posés dans un plat.

 

A l’école, les enfants reproduisaient une carte sur leurs papiers. Ils attendaient que l’on tire la corde de la cloche pour signaler l’heure de la pause.

 

De la fenêtre de ma chambre, assis sur le sommier, je voyais le policier avec son bâton faire sa tournée sur la place du bourg. Mais dans la lumière cristalline du soir, nulle jalousie, nulle ironie sur les visages des passants. C’était le calme qui gouvernait la conduite de chacun.