Lo retor de la prima, chapitro 2. La visita chi la viyi fena

lune 29 novembre 2017 dxo-2

Lo retor de la prima, chapitro 2. La visita chi la viyi fena

Adon, à brusin-nè, Isabela et Alexandro s’inrayéront pa allô vère la viyi fena, que demorôve pô loin dou bor, tirant lo boué.
Lo frôre et la suar se fésiant pro de soci de cela expédition dins l’inconnu et chi cela fena, qu’o diset que l’éte in pu sorciri, mé ce que liou arrivôve depué quôques nès sortet tèlamint de l’ordinéro qu’ina soleta parsona connussant in pou lo mondo de le chouses secretes et cachiës porret lous édi.
I se n’allôvont sos lo ciar tot nè hereusamint ecliarzi pa la luna, i passéront le darrires mésons dou bor et intréront dins in domèno qu’i ne connussiant gin et onque totes sôrtes de chouses porriant arrivô. Adés, il aparçuront bien loin ina metroua lumiri qu’éte cela de la méson de la viyi fena. O lous rassuré quôzi, coma si à la fin i porriant trovô la reponsa à le questions que lous tarabatôvont depué quôques jors.
Ina vè davant la pôrta de la demoranci, i allôvont d’abor chapotô, quand le s’urét et qu’ina fran viyi parsona apparé dins l’uvartura et iou désé celos mots sibyllins : « Intrôs don, o fat bien de timps que je vos attindin ».

Isabela et Alexandro intréront adon din na cuisina pro granda, on qu’o i ayet in grand fue de boués. Onque l’ayet don trovô tous celous rolions que brulôvont dins lo fuyi ? O i éte in grand mistéro ! Il aviséront mi tot outor de-se et vayéront de longes planches su los murs onqu’o i ayet de cuchons de vieux livros et de vieux grimoires, et – quina surprèsa ! – plein d’emages su lous mursque montrôvont celes représintations étonnantes qu’il ayant vu dins liou révos.
I s’approchéront pa mi zou vère, et tot pa in coup, o fut coma si celes emages preniant via et s’animôvont, incore mi vicantes et vibrantes que dins liou révos. I restéront comicin in bon momint à contimplô celes pintures et à intindre, à sintre, à gotô et à tochi, à apinchi de cuchons de chouses fran étonnantes qu’i ne sayant rin d’ièles avant celu momint.
« O vos fèt ina surprèsa, dését la viyi, vos n’ayis jamé vu quien jusqu’à vué, ni songi qu’o poyet zou i avè. O i é quôque chousa qu’o i ayet dins lo timps et qu’il appelôvont lo printemps ou la prima. L’hivar, la nè et la freu étiant remplaci pa lo solè et la vardura.
Assetôs-vos su celes sèles, davant lo fueu, je voué vorindret vos contô de chouses de les outres vès, quand lo long hivar et le jaillires ne govarnôvont pôs tot lo payis. »

Le retour du printemps, chapitre deux, la visite à la vieille dame.

C’est ainsi que, à la nuit tombée, Isabelle et Alexandre se mirent en route pour aller rendre visite à la vieille dame, qui habitait à l’écart du village, en bordure de la forêt.
Le frère et la sœur étaient assez inquiets de cette expédition vers l’inconnu et vers cette femme, que l’on disait un peu sorcière, mais ce qu’il leur arrivait depuis quelques nuits sortait tant de l’ordinaire qu’il n’y avait qu’une personne connaissant un peu le monde des choses secrètes et cachées, qui saurait leur venir en aide.
Ils avançaient sous le ciel sombre, qu’heureusement éclairait la lune, et dépassèrent bientôt les limites du village, pour pénétrer dans un domaine inconnu pour eux et où tout pouvait survenir. Bientôt, ils distinguèrent au loin une faible lueur, c’était celle de la maison de la vieille dame et ils se sentirent comme soulagés, comme si, enfin, ils allaient pouvoir avoir la réponse aux questions qui les taraudaient depuis quelques jours.
Arrivés devant la porte de la demeure, ils allaient frapper à la porte quand celle-ci s’ouvrit, et qu’une très vieille personne apparut dans l’encadrement et leur dit ces paroles sibyllines : « Entrez, entrez, il y a longtemps que je vous attendais ».

Isabelle et Alexandre entrèrent alors dans une pièce assez grande, où brûlait un grand feu de bois. Où avait-elle trouvé toutes ces bûches, qui se consumaient dans l’âtre, c’était un grand mystère ? Regardant mieux autour d’eux, ils virent de longs rayonnages le long des murs, où s’entassaient des tas de vieux livres et de vieux grimoires, et, ô surprise, il y avait beaucoup d’images sur les murs, qui reproduisaient ces représentations fort étonnantes qu’ils avaient vues dans leurs rêves.
Ils s’approchèrent pour voir mieux et alors, ce fut comme si ces images prenaient vie et s’animaient, encore plus vivantes et vibrantes que dans leurs songes. Ils restèrent ainsi un long moment, à contempler ces peintures, et à entendre, à sentir, à goûter, à toucher, à observer des tas de choses fort étonnantes et dont ils ignoraient tout jusque-là.
« Cela vous surprend, dit la vieille dame, vous n’avez jamais vu cela auparavant, ni pensé que cela pouvait exister. C’était une chose qui existait, dans les temps anciens, et qu’on appelait le printemps. Le printemps succédait à l’hiver et la neige et le froid laissaient la place au soleil et à la verdure.
Asseyez-vous sur ces sièges, devant le feu, je vais à présent vous conter des choses de l’ancien temps, quand le long hiver et les frimas ne régnaient pas encore en maîtres sur toute la contrée. »

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