piaillée 3

Note : Dans cette troisième piaillée, on remarque que le jeune Glaude reprend à son compte ce qui est dit par certains à la télévision, concernant le « trou » de la sécurité sociale, sans chercher à savoir s’il est causé par les seuls petits profiteurs. Sa voisine le distrait de ses clichés en annonçant une anecdote, qui créera une attente chez les lecteurs.

 

Une occasion d’énumérer les activités anciennes concernant la culture des céréales, très présente aujourd’hui encore dans les souvenirs et le vocabulaire. En outre, les linguistes noteront au passage la spécificité du francoprovençal au milieu des langues romanes, que représente la forme « maniérée » du latin popularisée, à ce que disent les historiens de la langue, par l’enseignement du latin classique à Lugdunum (Lyon). Il s’agit de la forme particulière des verbes inchoatifs (= indiquant le début d’une action), comportant en règle générale le suffixe –isco, alors qu’en francoprovençal, le suffixe est –esco.

 

Pour illustrer ce fait, prenons la forme je finéssesso, la Louise dans ce dialogue. Elle est composée de trois monèmes : la racine fin- , le suffixe –éss– (issu de esc-, voir ci-dessus), et –esso, première personne du subjontif imparfait, couramment employé dans la région. Pour bien mettre cela en lumière, risquons le barbarisme je *finissasse.

 

Ainsi, les verbe en –ir du deuxième groupe contiennent en francoprovençal (à la différence des autres langues issues du latin) la trace de ce suffixe esc-. Ainsi, j’agesso, issu de *agesco (j’agis étant issu de *agisco), je muresso (je meurs), dont l’infinitif est en général murètre, formation à partir de l’infinitif * murescere.

 

 

 

La trèsiema piailla francoprovinçala

 

In barbelant avoué la Louise, je li désien que la télé racontâve à propous dou trou de la Sécu qu’o n’i a que se diont malados, mais se fant payi sin zou affanâ, acuchi vé chi se, que d’autros laboront, senont, erpeyont, seyont et écoyont sin mémo gotâ ous pâtis de batteuse, que celous profiteûrs venont quâsi liou tiri dou bet.

 

« Ne t’in fa don pâ ! O i a toujor iu de paressous et de manoures. Acota plutout in’ histoire vraie ! Te connus : Secret de la Liauda, que tot lo mondo sat », coma le gins zou désiant dins lo timps ?

 

« Madame Louise, vos allâ certes vito m’expliquâ lo résto ! » Et je possâvo quâsi mon poujo come in mami que va ou liet.

 

« O ére à Guernoblo – et celu secret, te sâs, o-v ére in pet. » « – In pet ? Vo voli dire in vint ? O, vos qu’étes ina persona respectâbla… » – « T’âs bien comprès ! Te sâs, quand te n’âs pâs pro fat couére te fiajoles… » – « Oua, mais in vint, o se sint, qu’in secret n’a pâs d’odeûr ! », que je fésien. « Téta de camou, si te me copes toujors la chiqua, coma don vous-tu que je finéssesso ? » Je compregni qu’o ére mé qu’in corant d’air, et qu’o fallet prindre patienci. Et fétes nin de mémo tant qu’à

 

LA SEMANA QUE VINT !

 

lo Glaudo

 

La causette francoprovençale

 

En devisant avec la Louise, je lui disais que la télé racontait à propos du trou de la Sécu que certains se disent malades, mais se font payer sans le mériter, affalés chez eux, tandis que d’autres labourent, sèment, hersent, fauchent et battent sans même goûter aux pâtés de batteuse, que ces profiteurs viennent presque leur ôter du bec.

 

« Ne t’en fais donc pas ! Il y a toujours eu des paresseux et des travailleurs. Ecoute plutôt une histoire vraie ! Tu connais « Secret de la Claudia, que tout le monde sait », comme les gens disaient dans le temps ?

 

« Madame Louise, vous allez sûrement vite m’expliquer le reste ! » Et je tétais presque mon pouce, comme un gamin qui va au lit.

 

« C’était à Grenoble – et le secret de la Claudia, tu sais, c’était un pet. » « – Un pet ? Vous voulez dire un vent ? Qh, vous qui êtes une personne respectable… » « -Tu as bien compris ! Tu sais, quand tu n’as pas fait assez cuire tes haricots… » – « Oui, mais un vent, ça se sent, tandis qu’un secret n’a pas d’odeur ! », dis-je. « Tête de mule, si tu me coupes toujours la chique, comment veux-tu que je finisse ? » Je compris que c’était plus qu’un courant d’air, et qu’il fallait prendre patience. Et faites de même jusqu’à

 

la semaine prochaine !

 

 

le Glaude

 

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